Foie gras en Bretagne : s’opposer à la barbarie

Le foie gras, cette « tradition » barbare suscite une opposition assez forte dans le milieu animaliste breton. En ville, les passants sont régulièrement interpellés par des images chocs et happenings sur la question des « droits » des animaux. En Bretagne, qu’en est-il de cette forme d’exploitation des animaux ?

Canards et oies sélectionnéEs pour être exploités

Les canard les plus fréquemment gavé sont les « mulards », issu du croisement de deux canards domestiqués : un canard de Barbarie (non migrateur) et une cane domestique (cane de Pékin ou cane de Rouen), l’animal est stérile. Plus marginalement, les éleveurs exploitent des oies landaise.

Le gavage

Seuls les canards mâles sont utilisés, les femelles sont généralement éliminées après leur naissance (gazées ou broyées ),. A l’âge de 12 semaines, sont enfermés, pour 87% d’entre eux en cages de batterie pour y être gavés deux fois par jour, pendant une douzaine de jours. Cette suralimentation entraîne des blessures et des maladies, et 1 million de canards meurent en période de gavage. (source Association L214 / Stop Gavage)

Un produit industriel

Si le foie Gras est présenté comme produit « traditionnel », il est surtout très lié au développement de l’industrie agro-alimentaire à partir de la révolution industrielle. Ainsi, l’invention de l’appertisation pour conserver les aliments a favorisé le développement d’une production en Alsace et dans le Sud-Ouest de la France.

En Bretagne

Depuis le milieu du 20eme siècle, la production de foie gras s’est étendue. 5% de la production française est bretonne. Quatre groupes y contrôlent la filière : Euralis Gastronomie Bretagne, la SICA (Société d’intérêt collectif agricole) Foie Gras 35 et le groupe LDC (Lambert, Dodard, Chancereul).

Hausse de la consommation

Malgré les controverses sur l’aspect du « bien être animal », l’industrie du foie gras se porte bien, Ouest-France indiquait en décembre : « C’est une valeur sûre, appréciée par huit Français sur dix ». La tendance est d’ailleurs à banaliser le foie gras comme un « produit festif » se consommant en dehors des fêtes de fin d’année.

Luttter contre la barbarie

Au niveau politique, des actions symboliques comme celle menée récemment par NEA à Nantes pour sensibiliser à la cruauté du gavage permettrons éventuellement une conscientisation de certaines personnes. Mais elles ne s’attaquent pas directement aux responsables de cette industrie barbare. De même, la promotion de différents « Faux gras » (pâtés végétaux), en pariant sur une dynamique de achat éthique des consommateurs est largement insuffisante face à l’artillerie que possède l’industrie du foie gras. Cela conduit même les personnes conscientisées dans une impasse, en les détournant d’une démarche radicale, qui seule conduit vers la libération animale.

Dans cette optique, le veganisme doit rompre avec les « traditions » barbares pour amener une culture positive. Plutôt que d’ « imiter » des produits à base de chair animale, il s’agit de mettre en avant une cuisine véritablement révolutionnaire.

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